Réforme de l’assurance chômage

Réforme de l’assurance chômage

Le Premier ministre et la Ministre du Travail ont détaillé les principales mesures de la réforme de l’assurance chômage le 18 juin dernier. Parmi ces dernières, figurent notamment le bonus-malus sur les cotisations patronales d’assurance chômage dans sept secteurs.

Le but du gouvernement est de limiter l’usage des contrats courts par le biais du système de bonus-malus sur les cotisations patronales.

Ce dispositif entrera en vigueur, à compter du 1er janvier 2020. Il concerne les entreprises de plus de 11 salariés des sept secteurs d’activités suivants :

l’industrie agroalimentaire, y compris les boissons et les produits du tabac ;

l’hébergement et la restauration ;

- les transports et l’entreposage ;

la production et distribution d’eau, l’assainissement, la gestion des déchets et la dépollution ;

- les activités spécialisées, comme la publicité ;

- la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique et d’autres produits non métalliques ;

- le travail du bois, l’industrie du papier et l’imprimerie.

Le bâtiment, la santé ou encore l’audiovisuel ne sont pas concernés par cette mesure. Néanmoins, si ce dispositif fonctionne, il sera étendu à davantage de secteurs.

En pratique, ce système de bonus-malus prendra en compte toutes les fins de contrats donnant lieu à inscription à Pôle Emploi, y compris les missions d’intérim (hors contrat d’apprentissage, de professionnalisation, d’insertion ou encore les démissions).

Un taux de séparation sera calculé pour chaque entreprise (Ensemble des fins de contrat /Effectif moyen de l’entreprise). Celui-ci sera comparé au taux de séparation médian calculé pour le secteur et entraînera l’application d’un malus ou d’un bonus selon la situation de l’entreprise.

Par ailleurs, le taux de cotisation à l’assurance chômage pourra varier entre « 3 % et 5 % en fonction des pratiques de l’entreprise ».

Pour éviter le risque d’augmentation globale du coût du travail, les bonus et malus s’équilibreront intégralement, au sein de chaque secteur.

Le bonus-malus s’imputera sur l’intégralité de la masse salariale, et pas simplement sur les contrats courts.

La mise en place d’une contribution forfaitaire sur les CDD-U pour les autres secteurs d’activité :

Une contribution forfaitaire de 10 € sera mise en place sur chaque contrat à durée déterminée d’usage (CDD-U) pour les secteurs exclus du système de bonus-malus. L’objectif est également d’inciter à la conclusion de contrats de plus longue durée (une réduction du nombre de CDD-U courts au profit de CDD-U plus longs devrait réduire la contribution).

Seuls les secteurs du spectacle, de l’audiovisuel et de la production cinématographique ne seront pas concernés ni par le bonus-malus, ni par cette contribution forfaitaire sur les CDD-U. Néanmoins, ces secteurs conserveront la sur-cotisation spécifique de 0,5 point sur les CDD-U.

Le décret de mise en œuvre de cette réforme est attendu pour la fin de l’été.