La raquette Softbat contient des fibres textiles recyclées issues de l’entreprise Armor-Lux

Que faire des invendus ou des vêtements usagés ? La société quimperoise Armor-Lux semble avoir trouvé, après trois années de R&D conjointes avec la marque Cornilleau et la société Plastigray, un débouché inattendu : les fibres textiles se retrouvent dans une raquette de ping-pong. Explications.

Le groupe quimpérois Armor-Lux (550 salariés ; env. 100 millions d’euros de chiffre d’affaires), connu pour ses fameuses marinières, est aussi l’équipementier de grandes sociétés (La Poste, Sncf) et de grands événements comme les fêtes maritimes de Brest ou encore la Route du Rhum. Si la marinière est un indémodable, la société récupère néanmoins, auprès de ses clients grands comptes, des stocks d’invendus, d’anciennes collections ou encore des vêtements usagés. Une matière textile coton/polyester difficilement valorisable mais qui vient de trouver un débouché inattendu : les fibres textiles recyclées entrent dans la composition d‘une raquette de ping-pong.

100% made in France

La raquette Softbat – c’est son nom – est le résultat de trois années de recherche et développement opérées conjointement par trois acteurs très différents les uns des autres. Armor-Lux, mais aussi la marque de tables et de raquettes de tennis de table Cornilleau (26 millions d’euros de CA en 2013) et la société dijonnaise Plastigray, spécialisée dans l’injection de matière plastique, notamment dans le domaine des tableaux de bord pour l’automobile. Elle compte d’ailleurs une usine de 35 salariés en Bretagne, près de Fougères.

Si Cornilleau avait déjà conçu des raquettes en plastique avec Michelin et fait également appel au savoir-faire breton pour produire des moules, la Softbat est selon un communiqué la « première raquette outdoor éco-conçue au monde » et entièrement fabriquée en France.  50.000 raquettes fin 2017

La palette de la raquette est composée de polypropylène recyclé et de fibres textiles recyclées issues de chez Armor-Lux, le tout étant ensuite recouvert d’une matière thermoplastique souple. Avec une durée de vie d’environ dix ans et un prix de vente à l’unité inférieur à 10 euros, cette raquette est un moyen pour Cornilleau de concurrencer les produits importés de Chine. 50.000 raquettes devraient sortir des ateliers de Plastigray d’ici la fin de l’année.